MEP
IN ACTION
THE EUROPEAN PARLIAMENT
POUR QUI VOTER À LA PRÉSIDENCE DE LA COMMISSION EUROPÉENNE ?

Pendant la campagne, j’ai dit que mon candidat était Guy Verhofstadt, le leader de l’ADLE que je m’étais engagé à rejoindre. Au lendemain des élections, aucun groupe n’est à lui seul majoritaire. Il convient donc, comme je l’avais laissé entendre, d’entrer dans une coalition. J'observe à cet égard que la constitution de coalitions est une pratique courante dans nombre d'Etats membres de l’Union européenne.

La France reste crispée sur les clivages traditionnels entre majorité et opposition, au risque de s'enliser dans l'inertie. Quelle coalition ? C’est sur l’engagement clair de favoriser la construction européenne que se construit notre coalition. Elle rassemble un potentiel de 479 voix : ADLE 68, PPE 220 et SD 191. Face au front des élus eurosceptiques, voire europhobes, nous sommes convenus d’une orientation générale visant à développer l’intégration politique de l’Union européenne et à privilégier les politiques de croissance et d’emploi : priorité aux investissements structurants, consolidation de l'euro et renforcement de la gouvernance de la zone euro, lutte contre le réchauffement climatique et construction d’une Union de l’énergie comportant notamment une « centrale d’achat », maîtrise des flux migratoires et droit d’asile européen, institution de ressources propres (impôts et taxes européennes), obligation faite au Royaume-Uni de se soumettre aux règles communes de l’Union européenne, promotion d'une politique étrangère commune.

Au terme des discussions qui se sont ouvertes dès le lendemain du scrutin du 25 mai, la vision, les objectifs et les actions à conduire ont largement convergé entre nos trois groupes. Dès lors, celui qui dès l’ouverture de la campagne, a été désigné par le groupe rassemblant le plus grand nombre de députés comme le candidat à la présidence de la Commission, Jean-Claude Juncker, est devenu notre candidat. Il n’était pas mon candidat à l’origine. Si j'ai de la sympathie pour l'homme, j’ai publiquement dénoncé le fait que Jean-Claude Juncker en sa qualité de président de l’Eurogroupe et de représentant du Grand-Duché du Luxembourg, « rappelait le matin aux Etats membres leur obligation d’équilibrer leurs comptes publics et leur faisait les poches l’après-midi par sa fiscalité de paradis fiscal ». Cela étant, je dois bien reconnaître que Juncker est un Européen engagé, sincère, expérimenté et habile dans la recherche des consensus. Au surplus, sa nomination consacre la montée en puissance du Parlement européen puisque le choix des électeurs est respecté. Guy Verhofstadt n’étant plus le candidat, au nom de la raison, j’ai voté en faveur de Jean-Claude Juncker.