MEP
IN ACTION
THE EUROPEAN PARLIAMENT
2019, CRUCIALE POUR LA FRANCE ET POUR L’EUROPE

Après des années de progrès qui ont réduit la misère à l’échelle de la planète, l’ordre international est soudainement à rude épreuve.

Les décisions chaotiques de Donald Trump remettent en cause le multilatéralisme né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pendant que Vladimir Poutine redessine les frontières de la Russie. La Chine ne cesse de monter en puissance et de conquérir de nouveaux marchés. La dégradation du climat se poursuit inexorablement au risque de condamner nombre de populations à des migrations massives. Dans ce contexte, l’Europe et la France ne peuvent se résigner à subir. L’état d’urgence est déclaré.
La colère des Gilets Jaunes vient de loin. Depuis la fin du XVIIIème siècle, pendant près de deux cents ans, les Européens ont bénéficié d’une croissance continue à des taux inconnus jusqu’alors. Chaque génération voyait son niveau de vie progresser et pouvait nourrir l’espoir qu’il en serait de même pour ses enfants. Le choc pétrolier de 1974 et la soudaine accélération de la mondialisation ont changé la donne. La consommation de produits importés à bon marché préservait le pouvoir d’achat sans anticiper la mise au chômage de cohortes de consommateurs. Nombre de personnes, de familles, doutent de leur avenir. La déception, le sentiment de déclassement expliquent la montée des votes populistes. La France, anesthésiée par l’Etat Providence, a joué les prolongations sans tenter d’ajuster sa voilure administrative. A défaut de se réformer en profondeur, elle s’est dangereusement endettée.
Le Président Macron et son gouvernement affrontent un moment de vérité dans l’exercice du pouvoir. La grande concertation qu’ils proposent devrait apaiser les esprits. Encore faudrait-il que les joutes politiciennes cessent de souffler sur les braises. En préalable, les propositions de réformes devront s’appuyer sur un état des lieux et un diagnostic sans concession. Partis politiques, corps intermédiaires, syndicats doivent reconnaître leur part de responsabilité dans l’immobilisme ambiant.
Mais la France ne réussira pas seule. Dans certains domaines, agriculture et environnement, Défense et sécurité, économie digitale et intelligence artificielle, migrations, climat, les réponses attendues par nos concitoyens, pour être effectives, ne peuvent être qu’européennes. Si l’Europe est en danger, j’observe sa résilience fondamentale. Elle a résisté aux crises et accompli de nouvelles avancées. Je suis donc optimiste, d’autant plus optimiste que ses marges de progression sont illimitées. Nul doute que c’est elle qui assurera notre autonomie stratégique.
Les vœux que je formule en ce début d’année pour les Français et les Européens sont les derniers que je signe en ma qualité d’eurodéputé. Mon âge me dicte de ne pas me représenter aux élections de mai. Je ne serai donc pas candidat mais je ferai résolument campagne pour une Europe « Puissance mondiale ».
J’adresse des vœux tout particuliers à celles et ceux qui siègeront au Parlement européen au 1er juillet 2019. Puissent-ils consolider l’Europe qui prépare notre avenir et nous protège.


Jean Arthuis