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THE EUROPEAN PARLIAMENT
MON MESSAGE D'ADIEU ET DE REMERCIEMENT LORS DE LA DERNIÈRE RÉUNION DE LA COMMISSION DES BUDGETS

Monsieur le Commissaire, Cher Günther Oettinger,

Chers collègues,

Nous voici arrivés au terme de la législature ouverte en 2014. Pendant cinq années, j’ai eu l’honneur de présider notre commission des budgets. Avant de prendre congé du Parlement européen, je souhaite vous exprimer ma gratitude, vous faire partager un message et former des vœux pour ceux d’entre vous qui allez poursuivre votre engagement au sein de notre commission.

Mes premiers remerciements vont à notre Commissaire, Günther Oettinger, et à ses deux prédécesseurs, Jacek Dominik, éphémère commissaire jusqu’à la nomination de Madame Kristalina Georgieva qui nous quitta deux ans plus tard pour devenir Directrice générale de la Banque Mondiale. Je veux rendre hommage à votre implication, votre disponibilité, votre écoute et votre volonté de doter l’Europe d’un budget porteur d’avenir. Pendant deux ans et demi, vous avez multiplié les conférences, colloques et notamment publié un document de réflexion, très éclairant, pour le prochain cadre financier pluriannuel. Au-delà de votre personne, Monsieur le Commissaire, je veux remercier les directeurs généraux et les collaborateurs de la DG BUDG en leur associant les membres de votre cabinet.

Merci à vous tous, Chers Collègues, coordinateurs, rapporteurs, membres assidus de nos travaux. Nous sommes parvenus à assurer la qualité de nos productions, oserai-je dire notre « valeur ajoutée », dans un climat de compréhension mutuelle. Merci aux conseillers politiques et à nos assistants, Ils ont su faire preuve d’expertise et de vigilance en toutes circonstances. Enfin, je veux saluer l’excellence de notre administration parlementaire, Anne Vitrey puis Monika Strasser, comme directrices du secteur économique et budgétaire, et tous les membres du secrétariat de notre commission, dirigé successivement par Monika Strasser, Fabia Jones puis Elisa Daffarra. Je veux témoigner de leur compétence, de leur loyauté, de leur disponibilité, de leur ingéniosité, ils font honneur à la fonction publique européenne.

Mon message est inspiré par deux regrets. Le premier tient au fait que nous avons eu du mal à intéresser l’opinion publique à nos travaux. Le second concerne le volume et le format du budget. Il est vrai que choisir de se consacrer au budget, c’est choisir la réalité et nous savons bien qu’en politique la réalité campe souvent dans l’opposition. En optant pour la commission des budgets, nous avons accepté une forme d’abnégation. Cela étant dit, pendant cinq ans, je ne suis pas parvenu à dissiper le ressentiment que nous sommes restés dans la main du Conseil. Le rituel semble convenu d’avance, comme si la conclusion était déjà connue. La Commission publie ses propositions, le Conseil passe son rabot. Le geste est technocratique, dépourvu d’instruction politique sauf à considérer que la prescription est de ne rien lâcher et de tenir le budget sous la barre du 1% du PIB. Sorte d’aveu des Etats membres qu’ils n’entendent agir ensemble qu’au niveau des apparences, qu’aux limites du simulacre. Dans cet agenda, venait le temps du Parlement sur les recommandations de notre commission. Large reprise du projet de la Commission, vote enthousiaste en plénière, immédiatement soumis aux procédures de trilogue ou de conciliation. Partant gaillardement, nous avons toujours fini par nous soumettre à la vision du Conseil. Sans doute avec de vraies satisfactions, notamment dans les programmes destinés aux jeunes, Initiative pour l’emploi des jeunes ou Erasmus+, sous la menace que le recours aux « douzièmes » porterait préjudice à certains allocataires des crédits européens. Oui, Chers Collègues, je regrette que nous ne soyons pas parvenus à échouer dans l’une de nos conciliations. Le Conseil respectera le Parlement le jour où celui-ci aura résisté. Deux conditions nous ont certainement fait défaut : en premier lieu, la limitation à une ou deux priorités susceptibles d’être comprises et partagées par l’opinion publique et, d’autre part, la volonté politique, sans doute bridée par le duopole des deux groupes principaux, PPE-S&D.
Second regret, le volume et le format du budget de l’Union. La « galaxie » budgétaire est une offense au principe d’unité budgétaire. La rigidité et la modestie du budget, fût-il porté à 1,3% du PIB de l’Union, dissipent toute ambition de faire de l’Europe une puissance mondiale parlant d’égal à égal aux Etats-Unis, à la Chine, à la Russie, à l’Inde et capable de tenir tête aux multinationales de la finance ou du numérique. Dans mon esprit, il ne saurait être question d’augmenter le budget de l’Union en accroissant la dépense publique en Europe. C’est donc par transfert de compétences et de crédits devenus inefficaces à l’échelon national que doivent se formater les prochains budgets. Cette démarche appelle l’identification des « biens communs européens ». Cette mutation démontrera ce que peut être la « valeur ajoutée européenne ». Tout en rendant hommage au prodigieux travail de nos co-rapporteurs sur le prochain cadre financier pluriannuel et les ressources propres, je pars en pensant que nous avons peut-être manqué une occasion pour alerter l’opinion publique et faire progresser le débat sur l’avenir de l’Europe.

En concluant, je formule des souhaits pour chacun d’entre vous. Souhaits de satisfactions, de joies et de bonheur dans votre engagement politique et votre vie personnelle. Souhaits que l’Europe trouve son expression politique spécifique et que le Parlement en soit l’acteur principal. Le budget est l’expression d’une volonté d’action commune. Sa dimension me rend confiant. Il ne risque pas d’être réduit en volume et ses marges de progression sont immenses.
Encore une fois merci de m’avoir permis d’exercer la présidence de notre commission dans des conditions attachantes au plan humain et stimulantes pour l’esprit.

Cette expérience a renforcé mes convictions et mon rêve d’Europe.

Le meilleur pour vous tous, pour l’Union européenne et pour chacun de ses Etats membres.