MEP
IN ACTION
THE EUROPEAN PARLIAMENT
L'UNION EUROPÉENNE ET LES LYCÉENS

Union européenne, Parlement européen, des termes malheureusement bien éloignés et méconnus de la vie lycéenne traditionnelle. A 16 ans, en classe de seconde, j’ai effectué un stage d’observation auprès de Jean Arthuis et de son équipe au Parlement européen. La plupart du temps, les réactions de mes amis ont été : « Super, tu vas devenir ministre après ça je suis sûr ! », « Tu as appris à faire des lois j’imagine ?! » ou encore « Tu t’en es sorti avec tous ces gens en costume ? ». J’en ai conclu, comme vous venez sans doute de le faire, que, soit les jeunes lycéens sont désintéressés et ignorants à ce propos, soit il existe une réelle distance entre la jeunesse et la vie européenne. Les deux conclusions sont envisageables et étroitement liées.

Les années de lycée sont des années de réflexion et d’ambition pour le futur, d’ailleurs celles-ci sont souvent libérées par les voyages scolaires à l’étranger et leurs lots d’expériences inoubliables avec des correspondants de pays lointains, des familles d’accueil, des visites de monuments spectaculaires, des spécialités locales… La libération de l’ambition mène alors à un attrait de l’étranger et à un intérêt trop souvent temporaire pour un pays ou une culture. Puis la réflexion revient au galop pour rabaisser la visée et la rapatrier sur une cible aux apparences plus raisonnables et réalistes. C’est le cas de nombreux lycéens, ils ne sont pas allés vers l’international alors l’international est venu vers eux. Les nouvelles technologies, l’omniprésence de l’anglais et tous les grands et petits monuments à portée de clic apportent une suffisance dans le domaine de la curiosité mondiale chez une grande partie des jeunes lycéens.

Pour certains, cette curiosité reste dans un coin de leur esprit et ressurgira lors des études supérieures mais d’autres se construisent déjà mentalement un avenir ne comprenant pas les innombrables possibilités qu’apporte l’Union. La grande différence entre ces élèves est l’information et la volonté d’information, on ne peut avoir de l’intérêt pour une chose que l’on ne connaît pas et inversement, la connaissance de ces possibilités ramène un intérêt durable pour le secteur européen et international. Attiser cette curiosité et enclencher la volonté d’information est possible de plusieurs manières : les éducations parentales et scolaires sont les principales mais il peut aussi y avoir une personne pouvant faire figure d’inspiration et de motivation comme l’a été Jean Arthuis pour moi, qui grâce à sa notoriété locale et son engagement pour la facilitation de l’accès à l’Europe, a en quelque sorte ramené l’Union européenne dans les esprits et m’a aussi permis de concilier mon ambition et ma réflexion, ce qui m’a amené un peu plus tard à prendre contact avec lui and here I am !

J.F. Kennedy disait « Nous préférons le confort d’un avis à la peine exigée par une pensée ». L’information des jeunes sur les questions européennes apportée par les élus ou autre personnel qualifié à l’aide de conférences et interventions dans les établissements permettrait de faire changer l’image stricte et austère qu’ont les lycéens des fonctionnaires internationaux. Je crois aussi que la création d’un lien presque direct entre les élèves et les élus pourrait être une étape sur le chemin mouvementé de la lutte contre l’euroscepticisme.


Paul Grimbert, stagiaire