DÉPUTÉ
EN ACTION
AU PARLEMENT EUROPÉEN
© Crédits photos: Libération
L’ÉTÉ DE TOUS LES ESPOIRS POUR L’EUROPE

Rendons grâce à Donald Trump de sonner le réveil des Européens. Si ce qu’il est convenu d’appeler le « populisme » gagne du terrain ici et là, c’est que la mondialisation, le multilatéralisme, la financiarisation, l’économie numérique, les migrations, affectent directement nombre d’hommes et de femmes qui se sentent marginalisés, voués au chômage. Les inégalités se creusent et les repères s’estompent. (Edito de Juillet 2018)

Nombre de citoyens n’y trouvent plus leur compte et sanctionnent les dirigeants en place. Le Brexit et le vote italien du 4 mars en sont l’expression. Les discours du « système » sont devenus inaudibles et avivent la tentation du repli sur soi, appellent au retour des frontières et du monde d’hier.
Face aux défis nouveaux, les Etats membres de l’Union Européenne jouent les prolongations et tentent de laisser croire qu’ils ont encore en main toutes leurs prérogatives de souveraineté. Le spectacle de leur impuissance dans des domaines vitaux exaspère l’opinion publique. L’Europe ne peut se résigner à n’être qu’un simulacre de pouvoir. L’urgence est donc d’identifier actions qui ne peuvent plus s’exercer au plan national, notamment la Défense et la Sécurité, la protection des climats, le contrôle des migrations, le numérique, la fiscalité. Le seuil d’alerte est atteint et les conditions sont irréversiblement réunies pour reconnaître qu’une partie de notre souveraineté ne peut désormais s’exercer efficacement qu’au plan européen.
Le pacte à construire ne peut se satisfaire des seules considérations économiques et monétaires. Nous ne pouvons laisser en jachère le pilier social. C’est donc sur la base de nos valeurs et de notre culture que doit se fonder le projet européen. Les mois qui viennent vont être décisifs. Puisse la trêve des vacances nous apporter la sérénité, la lucidité et le courage nécessaires pour oser débattre de notre avenir et dessiner les chemins qui redonnent confiance à chacun. Le populisme est le symptôme de l’essoufflement de nos institutions européennes. Sortons bien vite nos gouvernances nationales de leur conservatisme. Nous n’avons jamais eu autant besoin d’Europe.

Bel été à tous.
Jean Arthuis