DÉPUTÉ
EN ACTION
AU PARLEMENT EUROPÉEN
PRÉSIDENCE FINLANDAISE, PRIORITÉ À LA FORMATION PROFESSIONNELLE ?

Ce 1er juillet, la Finlande prend la présidence du Conseil européen pour six mois. Elle pourrait utilement inscrire la formation professionnelle au premier rang de ses priorités. Son sytème éducatif et la réforme qu’elle met en œuvre lui confèrent une légitimité incontestable. Si les traités européens ne confèrent aucune compétence à l’Union en matière d’éducation et de formation, il est temps d’aller à la rencontre des meilleures pratiques, des systèmes performants et d’amorcer les nécessaires convergences des législations nationales.

Le modèle finlandais mérite d’être mis exergue. D’abord parce qu’il s’est hissé sur le podium du classement international PISA, derrière XXXXX et YYYYY. Mais aussi parce qu’il met le système éducatif au service des apprenants et non pas l’inverse. Qu’il inscrit la formation professionnelle et l’apprentissage comme partie intégrante du système éducatif et qu’enfin, l’offre de formation est accessible tout au long de la vie de chaque personne. Après avoir reçu l’enseignement de base et les fondamentaux, les jeunes ont un choix. Soit ils poursuivent dans les disciplines académiques ouvrant les portes de l’université ou choisissent la voie professionnelle, sans pour autant devoir renoncer à l’enseignement supérieur. Près de moitié d’une classe d’âge opte pour la voie professionnelle. A tout moment, l’université reste accessible pour eux. A chaque étape du parcours, les acquis sont évalués avec pragmatisme, en fonction de l’aptitude à entrer dans le monde du travail ou à progresser dans l’acquisition de connaissances et de compétence.

La priorité conférée à la formation justifie que son financement soit pris en charge par l’Etat. Régulateur et financeur, il agrée les opérateurs, en général des municipalités, mais également des organisations non gouvernementales. La décentralisation est intégrale. Le financement de la formation professionnelle, en partie en entreprise sous forme de stage non rémunérés ou sous statut d’apprentis percevant un salaire, est conditionné par les résultats. Les critères d’allocation privilégient les compétences requises par les entreprises, l’excellence des niveaux professionnels, la capacité à se former continument.

Les opérateurs de formation professionnelle sont en partenariat étroit et confiant avec les entreprises. Le candidat, quel que soit son âge, 16 ans ou 50 ans, reçoit une feuille de route personnelle. La programmation individuelle de sa formation est un prérequis. Les enseignements s’adaptent au profil, aux capacités et besoins de l’apprenant. Dans ces conditions le phénomène de « décrochage » devient rare. La fonction professorale est radicalement transformée en coaching, accompagnement, conseil, orientation, tutorat. L’institution de formation est organisée en ateliers et unités de ressources mis à la disposition des apprenants. L’e-learning et la digitalisation y occupent une place significative, ainsi que l’ouverture à l’international. Nombre de cours sont dispensés en anglais. Les jobs d’été, partie intégrante du programme de formation, ne sont pas seulement l’occasion de se faire de l’argent de poche. L’évaluation des acquis, par modules et unités, et leur reconnaissance par diplômes s’opère sous la responsabilité des opérateurs en concertation avec entreprises dans lesquelles les apprenants ont accomplis leurs stages ou leur apprentissage.

L’employabilité des jeunes, la formation tout au long de la vie conditionnent la compétitivité de l’économie européenne tout autant que le bien être social au sein de l’Union. Je fonde l’espoir que le semestre qui s’ouvre sous présidence finlandaise fasse de la formation professionnelle une priorité pour l’Europe. Les réformes à accomplir dans chaque pays faciliteront la mobilité des apprentis. Et leur mobilité, grâce à « Erasmus Pro », contribuera à accélérer le mouvement vers l’excellence.

La réussite finlandaise est le fruit de quatre options révolutionnaires : pragmatisme, décentralisation, flexibilité, adaptation du système au profil de l’apprenant. Elle mérite notre attention.