DÉPUTÉ
EN ACTION
DANS LE GRAND OUEST
DÉPLACEMENT DANS LES CÔTES-D’ARMOR

A l’invitation de Breiz Europe, et après m’être entretenu la semaine du SPACE avec le groupement de producteurs de porcs Aveltis, j’ai rencontré fin septembre d’autres acteurs du porc breton, à savoir les parties prenantes au Marché du Porc Breton (MPB) et la présidence de la Cooperl’. Résumé d’une journée bretonne riche.


La Bretagne compte aujourd’hui 5 082 sites d'élevage de porc. La région produit 1,3 millions de tonnes équivalent carcasse (TEC) et abat 13,8 millions de porcs dans près de 15 abattoirs, dont 10 ont plus de 200 salariés permanents. Elle pèse plus de la moitié de la production française.


Marché du Porc Breton (MPB) à Plérin
Au petit matin, à l’heure des premières cotations du prix au kg du porc, nous étions dans les locaux du Marché du Porc Breton, ou « MPB », qui est, statutairement, une association (type loi 1901) composée d'un collège « Groupement Apporteurs » et d'un collège des « Organisations Régionales ». Il sévit sur une circonscription territoriale définie : Bretagne, Pays de la Loire et leurs départements limitrophes. Le Marché de Plérin constitue une exception en Europe. C’est le seul endroit où s’établit, lors d’enchères publiques, le prix du porc vif au kilo.
Depuis quarante-cinq ans, deux enchères hebdomadaires organisées entre des vendeurs, les éleveurs représentés par leur coopérative et des acheteurs, les abattoirs (six actuellement) fixent un prix du kilo vif. Il s’établit par la commercialisation de 34 000 animaux par semaine. C’est un peu moins de 8 % de la production nationale, mais les cotations du MPB servent de base de négociation partout en France. Tout cela, enfin, se fait sous le contrôle Uniporc Ouest qui vérifie le classement des animaux à l’abattoir et enregistre leur pesée pour garantir aux éleveurs la rémunération de chaque gramme.
L’activité du MPB vise donc essentiellement la mise en marché des porcs charcutiers et des animaux de réforme des producteurs parties prenantes aux groupements apporteurs. Ce mode d’organisation de la production porcine est très ancien, et précurseur si l’on compare à l’état de concentration de la production dans le lait ou pire, la viande bovine. En 2017, parmi ces groupements on comptait Agrial (72), Aveltis (29), Porvéo (CAM - 53) ou encore Triskalia (22). La Cooperl’ y effectue très peu de commandes et le groupe Bigard, lui, continue de se détourner de ce système de cotation, ce qui a tendance à marginaliser l’activité du MPB, vu que les deux principaux acteurs de la filière n’y sont que peu ou pas représentés.


Rencontre avec le président et le directeur général de la Cooperl’ à Lamballe
Cooperl Arc Atlantique est un groupe agroalimentaire français, né en 1966, spécialisé dans la production porcine depuis son origine. Les 2700 éleveurs-adhérents de la Cooperl sont les propriétaires du capital social de la coopérative. En 2016, la société comptait 7000 salariés, 2700 adhérents. Cette même année, la Cooperl’ a produit 5 millions 800 000 porcs, 1 million 400 000 tonnes d’aliments et réalisé un chiffre d’affaires de près de 2 milliards d’euros. La Cooperl’ est donc par l’ampleur de sa production et de son implantation, la première coopérative bretonne spécialisée dans le porc et la deuxième au plan national, juste derrière le groupe Bigard.
Or, malgré des performances économiques record, la direction de la Coopérative et ses adhérents ne sentent pas l’âme d’une gestion routinière. C’est en tout cas ce que son président et son directeur général se sont employés à nous expliquer. Dans un contexte économique national morose pour le porc, avec un marché international très volatile et par conséquent incertain, le groupe coopératif innove et investit constamment pour rendre la vie de ses producteurs-adhérents et ses salariés, plus facile, et son activité, plus soutenable. Pour preuve, la visite de la filière environnement, située à Lamballe, qui m’a impressionné.


Visite de la filière « environnement » de la Cooperl’ à Lamballe
C’est aux côtés de Franck Porcher, responsable du pôle environnement de la coopérative, et du président de la Cooperl’, que nous avons assisté à la présentation des projets « environnementaux » de la société. En 2016, la coopérative a investi 66 millions d’euros, pour une large partie dans la « R&D », garant de la consolidation d’un modèle Cooperl’ tourné vers le bien-être animal, la soutenabilité environnementale et la montée en gamme de la production.
D’ailleurs, c’est sur le site de construction du futur méthaniseur que nous sommes reçus. Le méthaniseur doit être livré en juin 2018. Les premiers biogaz seront alors injectés dans le réseau de gaz domestique GrDF : la production pourra alors alimenter 3 100 maisons de la région lamballaise. C’est un investissement total de 15,6 millions d’euros. Preuve de la conscience écologique du groupe coopératif.