DÉPUTÉ
EN ACTION
DANS LE GRAND OUEST
LES 20 ANS DU JUMELAGE ST-FLORENT-LE-VIEIL / TIHANY (HON)

Retrouvez mon discours prononcé à l'occasion du 20ième anniversaire du jumelage entre Saint-Florent-Le-Vieil (Maine-et-Loire) et Tihany (Hongrie - bords du Lac Balaton).

Messieurs les maires De Saint-Florent-le-Vieil, de Tihany et de Mauges-sur-Loire,
Mesdames, messieurs les présidents et militants des comités de jumelage de vos villes respectives,
Mesdames, Messieurs, chers Amis,

Je suis heureux de vous saluer à l’occasion de cette rencontre citoyenne célébrant vingt années de jumelage. Jumelage entre une commune d’un des six pays fondateurs de l’Union européenne, la France, et une commune d’un pays qui a rejoint l’Union en 2004, quelques années après la chute du mur de Berlin et de la dislocation du rideau de fer, la Hongrie. Votre jumelage est un trait d’union entre l’Europe occidentale et l’Europe centrale. C’est dire votre responsabilité alors que les circonstances et l’actualité mettent en évidence le fossé qui pourrait se creuser au sein de l’Union, entre l’Est et l’Ouest. Veillons donc à conjurer ce risque si contraire à notre destin commun et prenons le temps de comprendre nos histoires spécifiques et nos chemins respectifs.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, l’Europe est coupée en deux, l’Allemagne elle-même est fracturée. Deux confrontations en moins d’un demi-siècle ont été mortifères, laissant derrière elles près de cent millions de victimes. De toutes parts des voix se sont levées pour crier « Plus jamais ça ».
L’objectif des Pères fondateurs de l’Europe, Robert Shuman et Jean Monnet, était d’établir la paix sur notre continent. La Déclaration du 9 mai 1950 à posé les bases du projet d’intégration par la coopération. Faute d’accord politique en faveur d’une Communauté européenne de Défense, repoussée par la France en 1954, la voie économique a été privilégiée et consacrée par le traité de Rome, en 1957, instituant un marché commun. Au fil des années l’Europe s’est élargie sur un principe de libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes. Mais le marché unique, sans monnaie unique, a montré ses limites. L’instabilité des parités de change a entraîné des dévaluations compétitives mettant en danger la croissance et l’emploi. L’Euro est introduit en 1999 et l’Union économique et monétaire a pour objet de renforcer la coordination des politiques nationales en matière économique et financière.
L’élargissement se poursuit et prend une autre dimension à compter de 1989. Réunification de l’Allemagne et levée de la tutelle soviétique sur les pays de l’Europe centrale, notamment de la Hongrie. La Charte des droits fondamentaux, adoptée en 2000, constitue notre référentiel commun. C’est sur cette Charte que se fonde la solidarité entre nos territoires.
Aujourd’hui, l’Europe est à la croisée des chemins. Elle reste encore une addition d’égoïsmes nationaux. Or la mondialisation nous lance des défis que chacun de nos Etats n’est plus en mesure d’assumer seul. Qu’il s’agisse de Défense et de Sécurité, d’économie numérique, de migrations, de protection des climats, de lutte contre les paradis fiscaux, de préservation de l’emploi et des droits sociaux, seule l’Europe est en mesure de nous protéger. Dans chacun de ces domaines, le repli sur soi est une impasse.

Nous ne pouvons nous résigner à ce que la planète soit régulée par les Etats continents (USA, Chine, Russie, Inde) ou par les multinationales du numérique et de la Finance. Notre devoir est bien de construire une Europe qui prépare notre avenir et nous protège. Une Europe qui reprend sa place dans l’Histoire et porte l’ambition d’être une puissance mondiale, sanctuaire des libertés publiques, des droits de l’Homme, et de la Démocratie.

L’Europe ne peut se résigner à n’être qu’un espace de marché et de libre circulation. L’heure est venue de consolider la gouvernance de la zone euro, de faire converger nos législations fiscales et sociales, d’encourager nos jeunes à se déplacer au sein de l’Union grâce aux bourses Erasmus, les apprentis au même titre que les étudiants. Le projet européen est à refonder politiquement et démocratiquement. C’est en cela que les citoyens doivent prendre part au débat. C’est dire le rôle essentiel des jumelages. Rien ne peut remplacer la richesse des liens directs entre les citoyens des villes, des échanges entre élèves, entre membres des associations.

Nous pourrons tous affirmer que nous avons notre pays comme patrie, l’Europe comme frontière et le monde pour horizon. Votre rassemblement délivre un formidable message d’optimisme et de confiance, dans la joie et l’amitié.

Vive la Hongrie,
Vive la France,
Vive l’Europe !