DÉPUTÉ
EN ACTION
DANS LE GRAND OUEST
DES APPRENTIS PLUS MOBILES POUR UNE EUROPE PLUS UNIE

Jean Arthuis a écouté jeudi 20 octobre les étudiants du Campus des métiers évoquer leurs expériences de formation européenne, à l'occasion d'un déplacement à Tours, auprès de la CMA 37 et des Compagnons du Devoir.

Hier, au Campus des métiers, plusieurs centaines d’apprentis scolarisés dans les CFA du département se sont entretenues, en direct, avec Jean Arthuis. Auteur d’un rapport consacré aux moyens « de lever les freins à la mobilité des apprentis en Europe », le député européen avait répondu à l’invitation du président de la chambre des métiers, Gérard Bobier, et de la députée Sabine Thillaye, dans le cadre d’une consultation citoyenne sur l’Europe. De fait, les apprentis, citoyens électeurs ou susceptibles de le devenir à court terme, ont fait preuve d’une très grande maturité en interpellant le parlementaire.
La mobilité, ils sont pour. Mais ils pointent du doigt les écueils qu’ils ont eu à affronter au cours de leur propre expérience. Notamment la barrière de la langue, avec un système d’enseignement inadapté aux spécificités de l’enseignement par alternance, le problème de la reconnaissance du travail effectué à l’étranger dans le cadre de systèmes très différents du système français, les difficultés à réaliser un vrai travail en entreprise au cours de leur séjour.
Une expérience qui remonte à un moment. « Depuis 1980, plus de 1.000 apprentis ont profité d’une expérience de mobilité européenne », explique Gérard Bobier. Assez souvent de courte durée. Et c’est cela qui pourrait changer avec les propositions de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances. Avec Erasmus pro, on envisage des échanges qui pourraient durer plusieurs mois, à l’instar de ce qui existe déjà pour les autres étudiants. Pour mémoire, 6.800 apprentis, contre 44.000 étudiants, ont profité en 2017 d’une bourse Erasmus.
Jean Arthuis établit un parallèle entre les jumelages intercités et ceux qui, demain, devront unir les centres de formation. Il pose aussi le problème du financement de ces formations qui peuvent d’ailleurs très bien se passer ailleurs qu’en Europe.
« Tout est à inventer, mais le principal, c’est de changer le regard sur l’apprentissage. En Suisse, on peut rentrer en fac après avoir fait son apprentissage. » Amusant de constater que c’est un pays non européen… qui donne l’exemple à l’Europe !
Propos recueillis pour La Nouvelle République du Centre Ouest - 20 octobre 2018