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« NOUS AVONS BESOIN D’UN VRAI GOUVERNEMENT DE LA ZONE EURO », PLAIDE JEAN ARTHUIS

Le président de la commission des budgets du Parlement européen, invité de Sénat 360, appelle à tirer les leçons de la crise grecque. Pour lui, il faut repenser la gouvernance de la zone euro.

Élections aux Pays-Bas, en France, en Allemagne... L’UDI Jean Arthuis redoute que le plan de sauvetage de la Grèce, discuté ce lundi entre les ministres des Finances de la zone euro, ne fasse les frais du calendrier électoral à venir. « Pendant des semaines et des semaines, on risque de ne pas prendre d’initiatives parce l’Union européenne et la zone euro restent une addition de considérations nationales et d’égoïsmes nationaux », regrette l’eurodéputé.

« À quelques mois des élections, ce n’est pas simple »

Prenant l’exemple de l’Allemagne, le président de la commission des budgets au Parlement européen s’est montré pessimiste sur une conclusion rapide des Européens sur le dossier grec :

« Si Mme Merkel ne trouve pas d’accord, je pense qu’elle risque de se retrouver affaiblie devant son opinion publique. Si, en revanche, on trouve un accord, que l’on va qualifier de laxiste, trop favorable à la Grèce, à ce moment-là, elle sera critiquée par l’extrême droite, l’AfD. À quelques mois des élections, ce n’est pas simple. Je crains que l’on soit tenté de différer dans le temps des prises de décision. »

« Peut-être faudrait-il une chambre de la zone euro. »

Pour l’ancien ministre de l’Économie de Jacques Chirac, « nous sommes à la fin d’un cycle : la gouvernance de la zone euro n’est plus à la hauteur des enjeux ». Réclamant des « règles lisibles et compréhensibles », ce soutien d’Emmanuel Macron fait le vœu d’un « vrai gouvernement de la zone euro avec une légitimité démocratique », comme d’autres avant lui :

« Il faut un budget de la zone euro, une direction du trésor. Peut-être faudrait-il une chambre de la zone euro. »

Le projet d’assemblée de la zone euro est une idée que porte Benoît Hamon dans son programme, reprenant des réflexions menées par Thomas Piketty.

Jean Arthuis appelle également la zone euro à faire preuve de transparence dans l’avenir :

« Il faut que ce soit des débats devant l’opinion publique européenne. Lorsqu’il y a eu cette crise en Grèce, les équipes quelque peu technocratiques ont essayé de trouver des solutions, et ceci s’est fait dans une quasi-clandestinité. On ne peut pas dire qu’on ait agi en pleine lumière. »