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« L'EUROPE EST UNE ADDITION D'ÉGOÏSMES NATIONAUX »

A l'occasion de mon déplacement à Vintimille, à la rencontre des autorités locales et des forces de l'ordre pour échanger sur la question migratoire, j'ai donné à Nice-matin une brève interview.

 

Où en est-on aujourd'hui ?
Il y a un paradoxe entre la libre circulation que suppose l'Europe et le fait d'avoir dû rétablir des frontières. On a laissé les pays de première réception régler la situation au mieux. L'Europe a essayé de faire une répartition entre les États membres, mais elle a fait face à une résistance ; il n'y a pas eu de solidarité européenne.
Quelles solutions ?
La question est de statuer au plus vite : soit les migrants peuvent bénéficier du statut de réfugiés, soit ce sont des migrants économiques. Il faut aussi tarir les sources d'immigration en aidant au développement de l'Afrique, avec une approche européenne. Frontex (l'Agence européenne de garde frontières et de garde-côtes) devrait avoir des crédits augmentés dans le prochain budget pluriannuel. De 600 à 700 aujourd'hui, on passerait à 10 000 agents. Il faut que les réglementations nationales convergent, et créer un modèle unique qui garantisse que le demandeur d'asile sera accueilli de la même manière dans tous les États de l'Union européenne.
Faut-il sanctionner ceux qui refusent d'accueillir des migrants ?
Si l'Europe avait une autorité, c'est ce qu'elle devrait faire. Mais tout le problème est dans son système de gouvernance. L'Europe, aujourd'hui, c'est une addition d'égoïsmes nationaux. On ne peut continuer ainsi, chacun devrait prendre sa part. Il est temps de surmonter la susceptibilité de chaque pays.

(Propos recueillis par Nice-Matin, publié le 14 mai 2018)