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HIPPISME, SPORTS ÉQUESTRES, PMU... LE PLAN PROPOSÉ AU MINISTRE

Jean Arthuis, député européen a remis, hier soir, le rapport sur la filière équine commandé par le Premier ministre en avril. L'heure est grave. Sans réforme, la filière est en péril.

Remettre le PMU en selle

Le PMU est devenu une loterie avec des jeux complexes qui ne récompensent plus les turfistes assidus. « Le PMU a cherché à copier la Française des Jeux », dénonce Jean Arthuis. Le PMU sera incité à abandonner les paris sportifs pour se recentrer sur les paris hippiques. La simplification et la modernisation de l'offre de paris permettraient de reconquérir les joueurs. Le nouveau directeur du PMU a engagé une réforme en ce sens « mais qui demande à être confirmée », selon le député européen. Il préconise de changer le statut du PMU en société anonyme « pour faciliter les financements nécessaires à sa modernisation ». Et envisage une prise de participation majoritaire de l'État dans le capital du PMU.

Réenchanter les courses hippiques

En Angleterre, sur les dix événements sportifs qui ont rassemblé le plus de spectateurs, quatre étaient hippiques. En France, ce temps-là est révolu. Sauf sur quelques hippodromes de l'Ouest. Pour reconquérir un public nombreux, le calendrier des courses et les horaires doivent coller aux disponibilités du public. Les hippodromes doivent aussi s'ouvrir aux autres disciplines. Et aussi expérimenter des courses réservées à des collectivités ou à des clubs locaux pour permettre au public « de s'attacher à l'événement ».

Créer une superinstance hippique

La Fédération nationale des courses hippiques existe déjà mais Jean Arthuis souhaite lui donner plus de pouvoir pour englober les missions des sociétés mères France Galop et Le Trot. Une mutualisation « avec des réductions d'effectif est à prévoir », consent Jean Arthuis. France Galop et Le Trot n'auraient plus que des fonctions régaliennes : le code des courses, le calendrier des épreuves... Mais n'auraient plus dans leur giron l'organisation des paris hippiques, la lutte antidopage, la gestion des comptes des professionnels, la communication, le marketing... Cette instance « faîtière » qui ferait le lien entre les trotteurs et les galopeurs serait représentée dans chaque région.

Renforcer le fond Éperon

Il est présenté comme le relais financier de la solidarité du monde des courses à l'égard de la filière de cheval de sport, de loisirs et de travail ; Jean Arthuis souhaite voir ce fonds de solidarité renforcé à raison de 3 millions d'euros par an, pour atteindre 15 millions d'euros dans cinq ans. « Il faut réconcilier les sports équestres et l'hippisme. Cesser cette dualité pour ouvrir la filière. »

La chasse aux grands parieurs internationaux

En voyant les enjeux baisser, le PMU a accepté les grands joueurs internationaux qui misent depuis des paradis fiscaux, en baissant violemment la cote des chevaux à quelques secondes du départ. C'est injuste pour les parieurs français mais ça rapporte 70 millions d'euros au PMU. « Il faut suspendre ces conventions par respect pour les joueurs français. L'État n'a pas su réguler cette pratique. » Cette abrogation fait peser un risque de baisse de ressources pour la filière et si elle est avérée, Jean Arthuis préconise que l'État la compense...

Un pas de côté pour le Cadre Noir

Le rapport prévoit que l'École nationale d'équitation à Saumur gagne en autonomie avec un écuyer en chef aussi à l'aise sur sa monture qu'en tant que chef d'entreprise. Le site de Saumur gagnerait en dynamisme, s'il s'ouvrait davantage au public et accueillait plus d'événements. Sur le plan sportif, Saumur doit devenir le Clairefontaine des sports équestres et préparer les meilleurs aux plus grandes compétitions internationales.

Source: Ouest-France (Marion Dubois)