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ARTHUIS : « RÉENCHANTER LES COURSES HIPPIQUES »

Jean Arthuis, député européen a remis, hier soir, le rapport sur la filière équine commandé par le Premier ministre en avril. L'heure est grave. Sans réforme, la filière est en péril.

La « filière d'excellence », comme qualifiée par le Premier ministre, est en souffrance. Moins de paris hippiques, deux mondes (sports équestres et courses hippiques) qui ne se chevauchent pas, des hippodromes vidés de leurs spectateurs, des maisons-mères qui se toisent... Jean Arthuis ne mâche pas ses mots sur cette filière « restée trop longtemps repliée sur elle-même en pratiquant à l'excès l'entre-soi, sans porter attention aux parieurs et aux spectateurs qui la font vivre ». Les hippodromes ne sont plus un lieu de rassemblement populaire. Depuis plus de trente ans, les sociétés mères vivent sous la perfusion de l'État dès qu'une baisse des paris se ressent.

Un monde qui vit mal

Entre 1993 et 2017, les prélèvements fiscaux sur les enjeux sont passés de 17,6 % à 8,6 %. En échange, des réformes étaient attendues. « Elles ne se sont pas produites. » Aujourd'hui, il est urgent de réformer l'ensemble de la filière équine qui compte 40 000 actifs. À commencer par le PMU qui concentre la majorité des paris en France puis redistribue un large pourcentage aux sociétés mères chargées de l'organisation des courses françaises. Les deux, France Galop et Le Trot, sont dans le rouge. Derrière les grandes casaques, « ce n'est pas un monde qui vit bien », alerte le député européen.

Si aucune réforme structurelle n'est entreprise, le rapport prévoit une cessation de paiement des sociétés mères en 2020 ou 2021. C'est-à-dire, à terme, plus de courses hippiques en France et donc plus d'aide au financement pour la filière sport, non plus.

Source: Ouest-France (Marion Dubois)