DÉPUTÉ
EN ACTION
DANS LE GRAND OUEST
© CFA VM
CES JEUNES APPRENTIS AUX DRÔLES D'ACCENTS


Le modèle serait unique en France. Chaque année, une douzaine d'apprentis européens, Allemands, Slovaques, Bulgares..., entreprennent leur formation en alternance en Mayenne.

Vous les avez peut-être croisés au détour d'un restaurant, d'une pâtisserie ou même d'un chantier du bâtiment. À Laval mais aussi dans des restaurants de Moulay, Saulges ou encore Vaiges. Reconnaissables à leur accent, douze apprentis au maximum, venus d'Europe suivent, chaque année, leur apprentissage durant douze mois dans le département. L'expérience est exigeante et il arrive que certains jettent l'éponge avant le terme. Ces jeunes majeurs, appartiennent à la section européenne d'apprentissage du CFA des Villes, mise en place depuis une quinzaine d'années.

Si ce n'est pas nouveau, le dispositif reste très original, voire unique en France. D'ailleurs, le député européen Jean Arthuis ne s'y est pas trompé, s'inspirant largement de l'idée, quand il a proposé un Erasmus étendu aux apprentis européens.

Que recherche le CFA des Villes à travers cette expérience ? « Une ouverture culturelle pour les jeunes. Cela procure aussi des lettres de noblesse à l'apprentissage. Et pour le CFA des villes, c'est une super-vitrine. Enfin, nos professeurs apprécient d'avoir affaire à un autre public de niveau préuniversitaire », énumère Christian Louvigné, le responsable de l'hôtellerie au CFA.

Dispositif onéreux

Louable intention d'une formule qui s'est beaucoup construite, au fil des ans, sur les divers jumelages mayennais. Celle-ci toutefois se heurte à des difficultés. D'une part, sa lourdeur. « Nous offrons aux jeunes une formule clé en mains. Déjà, il faut organiser des cours de soutien en français car ils ne parlent pas ou très peu notre langue à leur arrivée. Il faut aussi leur ouvrir un compte en banque, leur trouver un logement. » Par ailleurs, les apprentis européens perçoivent, à l'instar de leurs homologues français, un salaire de 800 €. Bref, tout mis bout à bout, le coût par apprenti est élevé. A fortiori si on le rapporte à son taux d'encadrement élevé.

L'autre faiblesse du dispositif est l'absence de réciprocité. Pourquoi donc, les apprentis mayennais ne profitent-ils pas de cette ouverture culturelle ? « Les raisons sont multiples. Déjà, les autres systèmes d'apprentissage européens sont très différents du nôtre. Mais, surtout, les jeunes Mayennais n'aspirent pas vraiment à vivre une année à l'étranger. Ce n'est pas dans leur culture. » Étonnant, non ?

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