DÉPUTÉ
EN ACTION
AU PARLEMENT EUROPÉEN
© Saf agr'iDées
UN JOUR, UNE IDÉE “COMPÉTITIVITÉ ET PROTECTION DES PRODUCTEURS”

« L’agriculture française est globalement bridée par un enchevêtrement de contraintes fiscales, sociales et environnementales qui altèrent à des degrés divers la compétitivité des exploitations. En outre, l’élevage et la transformation de ses productions par les industries agro-alimentaires, incorporent un niveau élevé de main d’oeuvre.

Dans un abattoir de porcs, la valeur ajoutée comprend 50% de frais de personnel, salaires et charges sociales. En France, l’heure d’ouvrier y coûte 10 euros de plus qu’en Allemagne. Dans certains pays, les migrants et les réfugiés collaborent moyennant des rémunérations défiant toute concurrence. Face aux concurrents allemands qui mobilisent une main d’oeuvre venant des pays de l’Est, aux danois et néerlandais dont les équipements sont hyper automatisés, ou aux espagnols dont les salaires ont été dévalués, les opérateurs français sont rudement pénalisés.  Observons également que chaque pays reste responsable du respect des normes environnementales et qu’à cet égard la France se montre souvent plus exigeante que ses partenaires. Dans un tel contexte, il est vain de penser que nos concurrents européens vont adopter les règles françaises. Les normes européennes doivent évidemment s’appliquer avec la même rigueur dans l’ensemble des pays de l’Union.

 En revanche, les particularités françaises doivent être amendées. Et c’est notre tâche. La rigidité de notre droit du travail active le chômage. Au surplus, le financement de notre protection sociale ne peut continuer à renchérir le coût du travail. C’est ce qui justifie que l’on compense les allègements massifs de cotisations par un supplément de TVA. L’impôt de consommation est le seul qui s’ajoute au prix des produits importés, rétablissant ainsi la compétitivité de nos propres productions.

 L’urgence est donc de libérer l’agriculture française des impôts et charges qui affectent la production ainsi que de l’accumulation des contraintes normatives inutiles.

 S’agissant de notre modèle agricole, il est vrai que les agriculteurs français sont globalement performants, mais il est temps aujourd’hui d’encourager des voies nouvelles fondées sur une plus grande mutualisation des moyens, la rationalisation des investissements, la recherche de ressources complémentaires par la production d’énergies renouvelables. Sans doute convient-il aussi d’encourager les associations de producteurs pour mieux valoriser les productions aux yeux des consommateurs. Le « poulet de Loué » constitue une référence. Elle peut s’appliquer à d’autres produits, peut-être un « lait herbagé » ?

 Pour l’heure, le Parlement européen doit s’atteler à la création d’outils plus efficace pour soutenir l’investissement et le revenu des agriculteurs : dans cette direction, je défends la création d’un fonds européen de stabilité, sur un mécanisme d’assurance. Les crédits de la PAC pourraient amorcer son financement. En outre un mécanisme de solidarité est à étudier. Son principe est simple : lorsque les prix franchissent un niveau plafond, un pourcentage du produit livré est prélevé au profit du fonds. A l’inverse, dans les conjonctures de déprime, le passage sous un prix plancher déclenche le versement d’une indemnité compensatrice, au bénéfice des producteurs. La perte d’exploitation serait ainsi compensée. En parallèle il importe de réguler le volume des productions mises sur le marché en fonction de la demande. Cette incitation à l’abaissement des volumes aurait alors pour effet de rééquilibrer l’offre et la demande et d’augmenter les prix. Ainsi, les producteurs pourraient disposer d’un outil de régulation de leur production et atténuer ainsi les effets d’une volatilité excessive des prix.

 Tout cela doit bien-sûr s’accompagner d’une révision dans la conduite des négociations commerciales dans les projets de libre-échange de façon à ne pas sacrifier nos productions européennes sur l’autel de pays appâtés par le marché européen de consommation. »