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APPRENTIS & ERASMUS : BIENTÔT UN PASSEPORT POUR L’EUROPE

On connaît le dispositif qui permet aux étudiants de circuler et d’étudier en Europe. C’est plus difficile pour les apprentis qui en profitent peu.
Les apprentis sont des étudiants comme les autres et il serait normal qu’ils bénéficient d’opportunités de mobilité en Europe.

 

C’est l’objectif du gouvernement qui envisage de multiplier par deux le nombre d’apprentis français mobiles, d’ici à 2022. Pour y parvenir, il faudra desserrer les freins qui sont nombreux et essentiellement d’ordre juridique puisque le statut d’apprenti demeure particulier.

Depuis 1995, année de la création de l’apprenti européen, 160 000 jeunes Français en apprentissage ou en contrat professionnel ont bénéficié d’une bourse Erasmus, contre 600 000, partis sous le statut d’étudiant. Mais grosse différence : les séjours des apprentis sont trop courts (2/3 semaines). Les employeurs sont réticents à jouer le jeu en finançant finalement une expérience hors de leur périmètre. Rappelons qu’un apprenti en France est un salarié avec un contrat de travail. S’il part six mois en Europe, son contrat ne peut pas être suspendu. En conséquence, son employeur doit continuer à le rémunérer et porter la responsabilité civile des accidents éventuels du jeune.

Demain ?

Jean Arthuis, missionné pour imaginer la mobilité des apprentis de demain, a retenu plusieurs mesures. Il s’agit d’abord de sécuriser l’apprenti pendant la mobilité, en lui permettant d’être autonome financièrement et en lui conservant sa couverture sociale. Par ailleurs, il est nécessaire de garantir la réciprocité en améliorant les conditions d’accueil pour les apprentis étrangers. Mais il faut aussi aménager un cadre juridique, reconnaître les périodes de formation à l’étranger ou encore augmenter les crédits Erasmus, une condition indispensable pour renforcer la mobilité en Europe.

Aujourd’hui ?

Deux conditions sont nécessaires. L’école doit bien entendu participer au programme Erasmus+. Renseignez-vous simplement auprès de votre établissement. Plus compliqué : l’employeur doit donner son accord pour autoriser la mobilité, sous forme d’une convention de mise à disposition avec l’entreprise d’accueil. Une disposition gérée normalement par le centre de formation. L’apprenti devient alors stagiaire une fois à l’étranger et continue de percevoir son indemnité. Une autre convention de stage doit être signée entre le jeune, l’entreprise de formation et l’entreprise d’accueil dans le pays choisi. Les formalités sont pilotées, là encore, par l’établissement, en France.

Enfin, pour ce qui est des bourses, elles dépendent de la durée du séjour et du coût de la vie. Le montant de la bourse se situe donc entre 150 et 300 euros par mois pour les étudiants, et entre 300 et 450 euros par mois pour les étudiants stagiaires. À noter : les régions complètent souvent les bourses Erasmus. Il suffit de demander là encore.

Pour plus d’infos : www.agence-erasmus.fr