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DEUX EURODÉPUTÉS EN MISSION À VINTIMILLE

Après une matinée passée à Bardonecchia - plus haut sur la ligne de frontière franco-italienne - les eurodéputés Jean Arthuis (français) et Daniele Viotti (italien) ont poursuivi leur mission parlementaire, hier, à Vintimille.


Pour chacune des deux étapes, l'intention était la même : écouter les autorités ainsi que les associations d'aide aux migrants pour faire un état des lieux de la situation migratoire. Et tâcher de proposer des solutions concrètes à échelle européenne. Partant du constat que les communes impactées et l'Italie ne peuvent clairement agir seuls face à un problème d'ordre géopolitique.

Au terme de la première visite, Jean Arthuis (AC/LREM) résumait déjà son sentiment sur Twitter, indiquant que « les migrations ont fait renaître les frontières artificielles. Face aux souffrances, les acteurs locaux apportent des réponses humaines. L'Europe est attendue avec impatience sur le fond ».

« J'admire les municipalités qui accueillent ces malheureux »
Le second rendez-vous a démarré en fin d'après-midi, au camp de la Croix-Rouge de Vintimille, où l'essentiel des migrants refoulés à la frontière ou en demande d'asile se retrouvent. Le maire de Vintimille, Enrico Ioculano, ainsi que les associatifs ont guidé les élus, tous deux impliqués dans la commission des budgets au Parlement européen, présidée par Jean Arthuis.
Parmi les principales questions posées, celles concernant les passeurs auxquels les migrants ont recours pour entrer en Europe. Ainsi que la manière dont les exilés les paient, alors qu'ils n'ont bien souvent aucun argent sur eux quand ils arrivent en Italie, au terme d'un long et coûteux périple.

Également questionné sur l'intensité du phénomène, le maire répond qu'il est difficile de le quantifier. Mais que la période la plus intense reste l'été. Étape suivante : les rives de la Roya où un camp informel s'était constitué, avant d'être tout récemment démantelé. Puis l'église Sant'Antonio qui accueillit durant plus de 400 jours les femmes, les enfants et les personnes les plus démunies.

« J'admire les municipalités qui accueillent ces malheureux qui tentent leur chance, les élus locaux qui travaillent ensemble et finissent pas oublier les frontières, et aussi les ONG qui font preuve d'une grande disponibilité pour faire respecter les valeurs humaines », réagit l'eurodéputé français. Tenant dans sa main un calepin rempli de notes.

Propos recueillis le 12 mai 2018 par Nice-Matin, édition Monaco (Journaliste: Alice Rousselot)